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Le statut social des artistes comédiens burkinabè : Parlons- en

 

Les projecteurs vont bientôt s'éteindre sur la vingt-cinquième édition du FESPACO, le Festival Panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Plusieurs films étaient en lice cette année encore pour le sacre final, l'Etalon d'or de Yennega, le plus prestigieux trophée du cinéma africain. Au passage je souhaite bonne chance à notre compatriote Apolline  Traoré qui est en compétition pour l'Etalon d'or de Yennega avec son film "Frontières".

 

Le Fespaco reste sans conteste le plus grand événement cinématographique de l'Afrique subsaharienne. Au fil des éditions le festival a su écrire les belles pages du cinéma africain, vitrine de tout un continent.

 

Je veux ici rendre un hommage mérité à tous les professionnels du 7ème art en général et à ceux du Burkina Faso en particulier, qui, malgré des conditions de vie et de travail souvent très difficiles, consentent d'énormes efforts pour faire rayonner la culture du pays, sur la scène internationale.

 

Le cinéma, métier qui fait rêver plus d'un. Monde de strass et de paillettes, de glam, de tapis rouges et de célébrités. Waouh franchement ça fait rêver!!!

 

Mais au delà des apparences, la situation de nos artistes comédiens doit nous interpeller. On n'a pas besoin d'être devin pour savoir que très peu d'artistes comédiens dans notre pays arrivent à vivre de leur art. Extrême précarité pour certains, débrouille pour d'autres, à la fin de leur carrière.

 

Le fait que le régime de protection sociale géré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale ne concernait que les travailleurs au sens du code du travail, la plupart des artistes n'avaient pratiquement pas de couverture sociale. Cette situation justifie un peu les difficultés que rencontrent beaucoup d'artistes, qui sont actuellement à la fin de leur carrière 

 

 

Fort heureusement et ce depuis le 10 mars 2008, l'arrêté d'application des articles 4 et 5 de la loi 015 -2006/AN sur l'assurance volontaire a été adopté. Dès lors, tous les acteurs du secteur informel, des professions libérales et du secteur agro sylvo-pastoral peuvent cotiser pour leur retraite.

Le régime de protection sociale tel que organisé au Burkina Faso permet donc  aux artistes qui ne sont pas salariés, de pouvoir assurer leur vieux jours à l'instar des travailleurs du privé et du public. Pour ce faire, ils doivent souscrire à l'assurance volontaire.  Nos artistes comédiens exercent pour la plupart leur relation de travail en dehors de tout contrat de travail; certains ont des contrats de prestation de service tandis que d'autres sont des indépendants, très peu en tout cas sont des salariés et donc des travailleurs au sens du code du travail.

L'assurance volontaire est a mon sens une aubaine pour nos artistes, car après avoir pendant longtemps été sous les feux des projecteurs, il est inconcevable qu'au soir de leur vie ils soient réduits à une vie de misère. La retraite se prépare maintenant, pour espérer vivre assez dignement plus tard.

 

 

Au Burkina Faso, il existe quatre catégories de personnes protégées par le régime géré par la CNSS. Ce sont :

  • Tous les travailleurs au sens du Code de Travail, qu'ils soient  hommes ou femmes, burkinabé ou étrangers résidant au Burkina Faso et travaillant soit dans le secteur privé soit dans le secteur public pour les agents qui ne  bénéficient  pas  du régime de la CARFO.
  • Les apprentis titulaires d’un contrat d’apprentissage et les stagiaires titulaires d’un contrat de stage sont assimilés aux travailleurs salariés et bénéficient des avantages de la branche pension et de celle des accidents du travail et maladies professionnelles,
  • Les élèves et étudiants des écoles ou des centres de formations professionnelles eux  bénéficient seulement des avantages de la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles.
  • Les assurés volontaires: Peuvent être assurés volontaires, les travailleurs indépendants relevant des groupes de professions artisanales, industrielles, commerciales, libérales, agro- sylvo-pastorales et ceux de l’économie informelle non assujettis à un régime obligatoire de sécurité sociale (Art I et 2 de l’arrêté 2008-002/MTSS/SG/DGPS du 10 mars 2008 portant modalités d’affiliation, de liquidation et de paiement des prestations au titre de l’assurance volontaire).

Les artistes comédiens doivent tout mettre en oeuvre pour assurer leur retraite. L'opportunité est maintenant offerte à toute personne qui a un revenu, de se mettre à l'abri du besoin quand le moment viendra où elle ne pourra plus travailler.

Les métiers du cinéma et nos comédiens Burkinabè doivent continuer à nous faire rêver, à l'instar de ceux d'autres pays, pour donner aux jeunes générations l'envie d'embrasser ce métier. On enseigne par l'exemple dit-on. Il est donc impératif que ces derniers sentent que l'on peut s'en sortir et avoir une belle vie en faisant carrière dans le cinéma. 

Vive le FESPACO !!!

Vive le Cinéma africain !!!

 

A bientôt pour d'autres informations sur la législation sociale.

 

Synti

 



03/03/2017
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